Croix-Rouge française : conseil départemental de la Nièvre et comité local de Nevers

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Cote/Cotes extrêmes

116 J 1 - 116 J 99

Date

1914-1982

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de la Nièvre

Importance matérielle

9 ml

Origine

Conseil départemental de la Nièvre de la Croix-Rouge française
Comité local de Nevers de la Croix-Rouge française

Biographie ou Histoire

En 1859, a lieu, en Italie, la bataille de Solférino opposant les Français et les Sardes aux Autrichiens. Elle ne se distingue guère des batailles qui ont lieu à cette époque, elle n'est ni plus féroce, ni plus violente, pourtant elle va marquer les observateurs présents en raison de la manière désastreuse dont a été gérée la (non) prise en charge des militaires blessés.

En réaction à cet évènement, Henri Dunant et d'autres personnalités, ayant pu observer la bataille de Solférino et ses dégâts, décident, en 1863, de fonder le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ce comité se donne pour but de venir en aide aux militaires blessés sur les champs de bataille. Toujours dans ce même élan, un an après sa création, le comité est à l'origine de la première convention de Genève qui va définir les droits des militaires blessés sur les champs de bataille et qui constitue le fondement du droit internationnal humanitaire.

En France, jusqu'en 1940, la Croix-Rouge française se compose de trois associations : la Société de secours aux blessés militaires (SSBM), créée en 1864, l'Association des dames françaises (ADF), en 1879, et l'Union des femmes de France (UFF), en 1881. Toutes trois sont reconnues d'utilité publique et ont pour objet principal le secours aux soldats blessés et malades en temps de guerre, et le secours aux populations en cas de catastrophe à hauteurs de 20% de leurs moyens. À partir de 1878, leur rôle d'auxiliaire au Service de santé de l'armée est assis par plusieurs décrets successifs portant règlement sur le fonctionnement des sociétés d'assistance aux blessés et malades des armées de terre et de mer. Les trois organisations se concertent au sein d'un Conseil central de la Croix-Rouge française. Il consiste, en temps de paix, à se préparer en constituant des hôpitaux auxiliaires, que les trois organisations auraient à gérer sous tutelle du service de Santé des Armées, et à former des infirmières bénévoles mobilisables.

Leurs missions évoluent après la Première Guerre mondiale, en lien avec la création de la Ligue internationale de la Croix-Rouge, en 1919, et l'article 25 du pacte de la Société des nations. Elles intègrent désormais également dans leurs statuts le secours sanitaire et social aux populations civiles, « l'amélioration de la santé, la défense préventive contre la maladie », et particulièrement la lutte contre la tuberculose et la protection maternelle et infantile.

En août 1940, un décret du maréchal Pétain entérine leur fusion au sein d'une Croix-Rouge française unifiée, reconnue d'utilité publique. Cette reconnaissance d'utilité publique est validée en avril 1945 par une ordonnance du Général de Gaulle.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le découpage territorial des trois associations est celui des régions militaires. Dans chaque région, l'association est représentée par un délégué agréé par le ministre de la Guerre et accrédité auprès du général commandant la région militaire et du directeur du service de santé de la région. Il est l'intermédiaire entre les comités locaux et les autorités.

En 1942, les conseils départementaux (qui deviendront délégations départementales en 1998) sont institués. Ils coordonnent les actions des comités locaux (délégations locales à partir de 1998, puis unités locales en 2011) de l'association unifiée.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les principales missions de la Croix-Rouge française et de son réseau sont l'aide aux prisonniers de guerre, conformément à la Convention de Genève de 1929 (envoi de colis, de messages familiaux, recherches de disparus), la visite en prison des internes civils, la formation de secouristes et d'équipes d'urgence, en lien avec la défense passive, qui interviendront notamment lors des bombardements. Elle porte une attention particulière à la petite enfance. Les sections de la Croix-Rouge Jeunesse, créées en 1922, ont vocation à susciter chez les enfants un esprit de paix et de solidarité et à promouvoir les gestes d'hygiène dès le plus jeune âge. Parmis ses missions, on trouve encore la recherche des disparus et l'accueil de ceux qui reviennent des camps de prisonniers de guerre.

Dans la Nièvre, les premiers comités sont créés par la SSBM lors de la guerre contre la Prusse en 1870 (Nevers, La Charité-sur-Loire, Lormes, Tannay). Le réseau s'étoffe avec des implantations à Decize (1896), Pouilly-sur-Loire (1913), Château-Chinon (1932) et Corbigny (1937). Ils cœxistent avec des comités ADF de Cosne (1890), La Charité-sur-Loire (1893), Nevers (1894), Tannay (1895) Château-Chinon, Clamecy, Decize (1896). L'UFF ne crée pas de comité dans ce département.

En 1940, lors de l'unification des trois associations, la fusion se réalise de même sur le territoire. De nouveaux comités voient le jour, comme à Entrain-sur-Nohain (1941), Luzy (1942), Saint-Saulge (1943, mais qui ne perdure pas au-delà de 1944) et Saint-Pierre-le-Moûtier. D'autre seront créés après la guerre : Châtillon-en-Bazois, Varzy (1945), Donzy, Imphy, Moulins-Engilbert (1947), Guérigny (1948), Brinon-sur-Beuvron, Cercy-la-Tour (1950), Fourchambault (1953), Montsauche-les-Settons (1956) et Pougues-les-Eaux (1959).

Modalités d'entrées

Dépôt du 30 juillet 2009 de la délégation territoriale de la Nièvre de la Croix-Rouge française.

Présentation du contenu

Ce fonds contient principalement des archives en lien avec les missions du conseil départemental de la Croix-Rouge de la Nièvre et du comité local de Nevers durant la Seconde Guerre mondiale. L'étude de ces archives permet, d'une part, de prendre conscience et de mesurer concrètement l'impact de la guerre sur les populations de la Nièvre, difficultés pour se nourrir, se vêtir, se soigner, se ravitailler ou tout simplement avoir des nouvelles de ses proches, et, d'autre part, d'observer le rôle de la Croix-Rouge face à cette détresse.

Dans la Nièvre, comme ailleurs, la Croix-Rouge regroupe énormément de femmes dans ses effectifs, que ce soit parmi les volontaires, les infirmières, les assistantes sociales, les secrétaires ou les membres des différents bureaux. Il faut notamment citer Suzanne Subert, qui pourrait illustrer à elle seule la richesse et la diversité du travail accompli par la Croix-Rouge (cotes 116 J 25-33). On constate en consultant son courrier, ainsi que celui des autres présidents et responsables du conseil départemental ou du comité local de Nevers (cotes 116 J 23-37), que la première force de la Croix-Rouge, c'est la puissance de son organisation et de son administration. Plusieurs parties du fonds regroupent des documents sur l'organisation, le fonctionnement et les finances du conseil départemental, en particulier sur la crise et la réorganisation après guerre, (cotes 116 J 1-17) et du comité local (cotes 116 J 18-22). Le fichier nominatif des volontaires apporte également des informations précieuses sur l'engagement des personnes auprès de l'organisme à la fin de la guerre et durant l'immédiat après guerre (cotes 116 J 91-92).

Les capacités de la Croix-Rouge sont notamment déployées dans la mission de recherche des soldats disparus. Ainsi, en 1940, après la défaite de l'armée française face à l'armée allemande, les civils s'adressent à la Croix-Rouge pour avoir des nouvelles de leur mari, de leur frère ou de leur père faits prisonnier. Elle use alors de son réseau pour pouvoir retrouver les disparus (cotes 116 J 38-52). On pourra en particulier se reporter aux nombreuses listes rédigées pendant la période de la guerre et conservées dans le fonds, notamment des listes de fusillés, de réfugiés, de prisonniers... (116 J 44). Le secours aux militaires est la vocation première de la Croix-Rouge. Ce fonds l'illustre avec la recherche des disparus, mais également avec la gestion des hôpitaux de guerre (cotes 116 J 53-56) et de toutes les structures destinées à accueillir et prendre soin des soldats : foyer du soldat, accueils et cantines en gare, etc.

Le soin des enfants fait également partie de ses grandes priorités, que ce soit par le service des layettes, destiné à aider les mères à habiller et nourrir leur enfant (cotes 116 J 57-64), ou par le service des enfants placés pour offrir aux enfants réfugiés ou démunis un foyer temporaire ou définitif (cotes 116 J 75-77).

L'une des grandes missions de la Croix-Rouge, c'est aussi l'enseignement et la formation, au secourisme, à l'aide médico-sociale, aux infirmières et même aux infirmières pilotes secouristes de l'air ou IPSA (cotes 116 J 65-74). La Croix-Rouge est d'ailleurs à l'origine de la fondation de l'Institut de formation en soin infirmiers (IFSI) de Nevers, qui porte le nom d'un ancien président du comité local de Nevers, le docteur René Le Droumaguet.

Quelques documents du fonds sont aussi consacrés à la Croix-Rouge Jeunesse (cotes 116 J 78-80). D'après l'ouvrage de Gérard Chauvy, cité en bibliographie, cette branche de la Croix-Rouge est créée après la Première Guerre mondiale et peine à se développer, mais connaîtra son essor sous le régime de Vichy. Ce mouvement est un moyen d'inculquer aux jeunes français des grands principes tels que l'hygiénisme, l'entraide, notamment avec le marrainage d'écoles, ou plus simplement les gestes des premiers secours et l'aide à la personne.

La partie Propagande, c'est son nom d'origine, aujourd'hui on parlerait plus simplement de communication, regroupe des documents sur l'organisation d'évènements permettant de lever des fonds et d'attirer de nouveaux adhérents ou volontaires (cotes 116 J 81-84).

Enfin, les documents relatifs au foyer des vieillards arrivent en dernier dans les activités, car si son installation remonte à 1942, d'après le plan d'aménagement de sa salle d'accueil, le reste est bien plus tardif et ne concerne pas la Seconde Guerre mondiale. On remarque que le foyer, d'abord destiné aux vieillards, est ensuite ouvert à d'autres personnes, notamment pour y distribuer des repas à d'anciens détenus ou autres personnes qui en auraient besoin (cotes 116 J 87-90).

Évaluation, tris et éliminations, sort final

3,65 mètres linéaires ont été éliminés. Il s'agissait de documents vierges ou en double, de circulaires ou de documentation nationale, de notes, brouillons et documents comptables sans données exploitables et des factures mentionnées dans le mode de classement de la partie foyer des vieillards.

Accroissements

Il est possible qu'un jour ce fonds se trouve enrichi d'un nouveau dépôt de la Croix-Rouge. Des lacunes ont été constatées lors du classement. Des dossiers ont pu être perdus ou se trouvent encore en possession de la Croix-Rouge, tel le chrono du courrier de Suzanne Subert de 1944, ou encore les archives du foyer des vieillards entre 1942 et 1954.

Mode de classement

La Croix-Rouge française fonctionne suivant un système pyramidal. On trouve ainsi le conseil départemental de la Croix-Rouge de la Nièvre pour l'échelon départemental et des comités locaux pour l'échelon municipal. L'échelon départemental n'a qu'un pouvoir administratif, toutes les actions menées sur le terrain sont le fait des comités locaux. Cet inventaire regroupe à la fois les archives du conseil départemental de la Nièvre et du comité local de Nevers, très probablement parce qu'ils ont dû cohabiter dans un même local à Nevers et que les archives auront donc été mêlées.

Lors du classement, il n'a pas semblé pertinent de séparer strictement les productions des deux structures (voir plus avant la fusion de la SSBM, de l'ADF et de l'UFF), un classement thématique a semblé préférable. Pour la même raison, tous les documents n'ont pas été strictement réintégrés dans les dossiers les concernant. Par exemple, il n'était pas question d'éclater les dossiers chrono du courrier bien que leur contenu concerne tous les sujets, tant des placements d'enfants, que des demandes de nouvelles de militaires disparus, des demandes pour intégrer l'école d'infirmière ou trouver un emploi en tant que tel, ou encore des questions d'ordre purement administratif.

Conditions d'accès

Ce fonds suit les règles de communicabilité des archives centrales de la Croix-Rouge française, largement inspirées des délais en vigueur pour les archives publiques. Le détail de ces délais est consultable sur le site internet de la Croix-Rouge française.

Documents en relation

Aux Archives départementales de la Nièvre :

1 J 165 : Fonds Suzanne Desternes, présidente du comité local de la Croix-Rouge de La Charité-sur-Loire.

1 J 924 : Croix-Rouge française, hôpital de Nevers : six brassards.

 

Voir aussi la présentation des archives de la Croix-Rouge française sur le site internet de l'association.

Documents séparés

Aux Archives nationales :

20240327 : Fonds Croix-Rouge française pendant la Seconde Guerre mondiale

Bibliographie

BH 3724 : Gérard Chauvy, La Croix-Rouge dans la guerre : 1935-1947, Flammarion, Paris, 2000.

BH 4456 : Frédéric Pineau (dir), La Croix-Rouge française : 150 ans d'histoire, Éditions Autrement, Paris, 2014.

NIV 3484 : Michaël Boudard, La Nièvre et ses prisonniers de guerre (1940-1945). Tome 1 : 1940, l'année terrible, Éditions du Souvenir français, Nevers, 2018.

NIV 3518 : Michaël Boudard, La Nièvre et ses prisonniers de guerre (1940-1945). Tome 2 : une histoire oubliée (1941-1945), Éditions du Souvenir français, Nevers, 2020.

Sitographie :

Croix-Rouge française. Notre histoire et nos archives, sur le site https://www.croix-rouge.fr Disponible sur : https://www.croix-rouge.fr/notre-histoire (consulté le 18/02/2026).

Croix-Rouge française. Bulletins de la Société de secours aux blessés militaires, 1865-1939 [En ligne]. Disponible sur : https://gallica.bnf.

Croix-Rouge française. Bulletins de l'Association des Dames françaises, 1886-1938 [En ligne]. Disponible sur : https://gallica.bnf.

Cote/Cotes extrêmes

116 J 38 - 116 J 90

Date

1922-1982

Cote/Cotes extrêmes

116 J 53 - 116 J 56

Date

1922-1946

Mots clés matières

Cote/Cotes extrêmes

116 J 53 - 116 J 55

Date

1939-1946

Hôpital auxiliaire : rapports, fiches matricules du personnel, liste, notes, correspondance (1940-1946). Hôpital mixte : notice historique, fiches du personnel (1940). Comité de Nevers, service de santé : correspondance, convention, notes (1944). Bibliothèque : registre, documentation, notes (s. d.).

Cote/Cotes extrêmes

116 J 53

Date

1940-1946

Présentation du contenu

Contient en particulier :

Dans le sous-dossier Hôpital auxiliaire, les fiches matricules du personnel sont accompagnées de photographies pour les infirmières suivantes : Jeanne Blandin, Colette Parent, Marthe Taizières, Lucile Blanchet, Suzanne du Verne, Louise Dalbœuf, Germaine Riousse.