6 - Le temps du désir

L'aventure charnelle de l'été 1919 fait naître en eux un désir qui brûle quelques mois. Cette lettre est seulement datée du "samedi 3" mais elle fait référence, comme d'autres, à ce fameux mois d'août.

 

Page 1 : « Mon Louison,

L’empressement que vs avez enfin !!! mis à répondre à ma lettre me décide à aller à Nevers vs embrasser une dernière fois et vs dire de vive voix tous les regrets et la peine que j’ai de vs quitter. Je passerai donc la journée de jeudi prochain avec vs et compte...

 

Page 2 : ...sur votre amabilité pr me faire faire connaissance avec petite Simone dont les si gentilles lettres ont éveillé en moi une réelle affection ; je suis déjà impatiente de goûter aux heures exquises que je vais passer entre vs 2 et tacherai d’être moi même assez agréable pr que mon départ laisse quelques regrets ds le cœur de l’ami que j’aime tant ; pourvu que d’ici là la Seine calme un peu ses ardeurs débordantes car si la natation devient le seul moyen de locomotion...

 

Page 3 : ...possible ds Paris, je serai obligée, ne sachant nager, de rester tout bonnement rue de l’Odéon à me morfondre, comme d’ailleurs vs aussi, car j’espère que _ éprouvez quelques désirs de m’embrasser ? Surtout, suprême recommandation, « pas trop de passion ni d’allusions au mois d’août » pr ne pas m’intimider, car vs m’oteriez le courage de vs dire que je vs aime beaucoup et désire ardemment la chaleur de vos baisers.

            Margot. »